Exercice sur route à l'école des métiers de l'autoroute
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L’École des métiers de l’autoroute : assurer la sécurité de tous sur la route

Créée par VINCI Autoroutes en avril 2022, l’École des métiers de l’autoroute (EMA) située à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) a déjà accueilli plus d’une centaine d’ouvriers autoroutiers et de techniciens de maintenance opérationnels – les ‘femmes et hommes en jaune’. L’objectif ? Former ceux qui interviennent sur l’autoroute à l’excellence opérationnelle et à la sécurité. Entretien croisé entre David Renauld, formateur EMA, et Laurent Nègre, ouvrier autoroutier en contrat de professionnalisation d’un an chez VINCI, élève de l’école.

Quel est l’intérêt d’une école telle que l’EMA ?

David Renauld. Les métiers de la route sont des métiers où nous sommes au service des usagers et de leur sécurité. Cette notion de sécurité est centrale. L’EMA ouvre d’ailleurs sa formation à d’autres publics que les ‘femmes et hommes en jaune’ du réseau autoroutier. Tous ceux qui sont amenés à intervenir sur la route : pompiers, douane, gendarmes peuvent s’y former… Nous sommes en train d’organiser un partenariat avec une entreprise de dépannage située près de l’EMA pour une formation sur mesure autour de la sécurité.

Laurent Nègre. À l’EMA, j’ai découvert un métier utile à tous, où chaque journée est différente de la précédente. Depuis ma formation, j’identifie très rapidement les dangers de la route, dont les conducteurs qui ne m’ont pas vu. Cette formation est indispensable pour tous les métiers de la route, pour qu’usagers et professionnels s’y sentent en sécurité.

Nous avons à notre disposition un véritable tronçon d’autoroute non circulé sur lequel nous pouvons prendre le temps de faire nos premiers marquages.

Laurent Nègre, ouvrier autoroutier

Pourquoi avoir décidé de rejoindre l’EMA ?

D.R. J’ai rejoint VINCI Autoroutes en 2003 en tant qu’ouvrier autoroutier. Étant également pompier volontaire, on m’a proposé, dès 2006, de devenir formateur Sauveteur secouriste du travail (SST). C’est comme cela que j’ai mis un pied dans le monde de la formation, et depuis je n’ai plus arrêté. J’ai pu devenir tuteur au sein de mon centre d’exploitation puis formateur incendie et secourisme. En 2015, j’ai émis le souhait d’exercer cette fonction à temps complet. J’ai ainsi exercé au sein de la Direction régionale de l’Équipement de VINCI Autoroutes et, en 2022, j’ai participé à la formation de la première promotion de l’EMA. Désormais, j’y suis formateur à temps plein. 

L.N. Après avoir exercé comme conducteur d’engins dans le BTP, j’ai décidé de changer de voie pour un métier qui correspond plus à mes valeurs. Je suis pompier volontaire : j’ai l’habitude des interventions d’urgence et je connais l’importance de la sécurité. J’ai décidé de postuler au sein de VINCI Autoroutes. Après deux entretiens, les équipes de Langon m’ont proposé un contrat de professionnalisation avec une perspective d’évolution en CDI. J’ai ensuite immédiatement intégré l’EMA pour être formé et commencer l’aventure sur les autoroutes. 

Exercice sur route
Réparation de véhicule
Véhicules en exercice

Pouvez-vous nous parler du parcours pédagogique de l’École des métiers de l’autoroute ?

D.R. Notre formation s’adresse à des personnes qui découvrent notre métier et qui, souvent, viennent de rejoindre VINCI Autoroutes. Nos objectifs sont l’excellence opérationnelle et la sécurité de tous dans le cadre des interventions. Nous offrons donc une formation de plus de 190 heures, organisée en trois sessions. La première est centrée sur balisage de chantier et d’urgence avec plus d’une soixantaine de balisages différents à maîtriser parfaitement. La seconde est dédiée au végétal et à l’entretien du matériel. C’est une part importante du métier car VINCI Autoroutes est en charge des espaces verts qui bordent le réseau. Enfin, la dernière session est consacrée à la viabilité hivernale avec la maîtrise du déneigement ou du sablage. Nous avons aussi développé une formation avancée pour des balisages plus spécifiques pour des professionnels déjà expérimentés. 

L.N. L’enseignement est dense, varié… et surtout pratique ! D’abord, parce qu’au sein de l’EMA, nous bénéficions de l’expérience de formateurs qui connaissent parfaitement le terrain. Mais aussi parce que nous avons à notre disposition des outils comme un véritable tronçon d’autoroute non circulé sur lequel nous pouvons pendre le temps de faire nos premiers marquages. Nous sommes ensuite mis en situation sur des autoroutes circulées. On observe, on s’exerce, on s’entraide et même si au début on est stressé, on finit par être de plus en plus à l’aise. Entre les sessions à l’EMA, nous retournons sur le terrain dans les centres d’exploitation dans lesquels nous mettons en pratique, avec l’aide de nos tuteurs, ce que nous avons appris. À la fin, nous passons la « Certification intervention tracés » qui vient valider nos connaissances en matière de balisage et nous permet d’intervenir en toute autonomie. 

À chaque promotion, nous accueillons des personnes avec des profils et des parcours professionnels complètement différents, mais qui partagent la même envie d’apprendre, de travailler en équipe et d’œuvrer pour être utiles.

David Renault, formateur

David Renauld, formateur à l'École des métiers de l'autoroute

Que retenez-vous de cette expérience ?

D.R. En tant que formateur, participer au projet de l’EMA est passionnant. À chaque promotion, nous accueillons des personnes avec des profils et des parcours professionnels complètement différents, mais qui partagent la même envie d’apprendre, de travailler en équipe et d’œuvrer pour être utiles. Et puis c’est toujours extrêmement valorisant de découvrir les évaluations des élèves à l’issue de leur parcours. Cela me donne envie de continuer à partager et à former !

L.N. J’en garde un excellent souvenir ! J’ai apprécié l’esprit de groupe ainsi que la bonne ambiance. Grâce à la formation en alternance entre l’EMA et le centre, je me sens en confiance – et je suis fier de pouvoir être autonome !